Je te regardais dormir et Dieu que tu es beau. Tu te retournes dans cette dernière nuit où tu frissonnes, je te serre contre moi.Tes traits sont tranquilles, je caresse ta joue, et, pour la première fois de mon existence, je suis triste et heureuse à la fois. C'est la fin de notre moment, le début d'un souvenir qui durera pour moi l'éternité. Il y avait en chacun de nous tant d'accompli et tant d'inachevé quand nous étions réunis.Je partirai au lever du jour, je m'éloignerai pas à pas,pour profiter encore de chaque seconde de toi, jusqu'à l'ultime instant. Je disparaîtrai.Et tu retourneras dans cette maison qui est la tienne. Tu as réussi l'impossible, tu as changé une part de moi. Je voudrais désormais que ton corps me recouvre et ne plus jamais voir la lumière que par le prisme de tes yeux. Là où tu n' existes pas, je n'existe plus. Nos mains ensemble en inventaient une à dix doigts ; la tienne en se posant sur moi devenait mienne, si justement que, lorsque tes yeux se fermaient, je m'endormais.Personne ne pourra voler nos souvenirs. Il me suffit désormais de fermer mes paupières pour te voir, cesser de respirer pour sentir ton odeur, me mettre face au vent pour deviner ton souffle. où que je sois, je devinerai tes éclats de rire, je verrai les sourires dans tes yeux, j'entendrai les éclats de ta voix. Savoir simplement que tu es là quelque part sur cette terre sera, dans mon enfer, mon petit coin de paradis...